Vendredi 6 février 2009

 

 Une maison de plaisance louisquatorzienne



Le Trianon de marbre, du nom de son matériau d'ornement, a été construit à partir de l’été 1687 sous la direction de Jules Hardouin-Mansart, Premier Architecte du Roi, secondé par l’agence des Bâtiments du Roi. Parmi celle-ci, considérée comme la première agence moderne d’architecture, on trouve notamment Robert de Cotte, qui supplée aux absences d’Hardouin-Mansart. André Le Nôtre, pour sa part, s’active aux remaniements des jardins situés aux abords immédiats du nouveau palais.

Situé dans le petit parc de Versailles et axé comme le château (dont il est distant d'environ 1,5 km à vol d'oiseau), cour à l’est et jardin à l’ouest, ce palais a été conçu pour Louis XIV, qui prit, dans son aménagement, une part active.

 













Vue du côté de la cour (est), avec au centre le dit peristile ouvrant sur les jardins.

Il a succédé à une autre construction, le Trianon de porcelaine, qui avait été réalisée par Louis Le Vau et François d’Orbay en 1670. En fait, ces bâtiments étaient recouverts de faïence : la distinction linguistique n’était alors pas faite entre ces deux matériaux.

Il s’agissait d’un complexe de cinq pavillons : le pavillon principal, placé au fond d’une cour ovale, était épaulé de deux pavillons secondaires, encadrant cette même cour. Deux autres pavillons, donnant sur des cours de service, dilataient un peu plus l’espace occupé par l’ensemble.




Le Bouteux fils, Vue du Trianon de porcelaine, estampe, Versailles.

A bien des égards le Trianon de marbre découle de ce premier édifice. Dans l’esprit d’abord : le Trianon de porcelaine était « un lieu de divertissement pour la belle saison ». On y venait surtout l’été pour se promener dans les jardins et y faire collation : une cabane au fond du jardin à la mesure du Grand Roi, soit un palais au fond du petit parc versaillais.

L’autre aspect de forte continuité réside en le fait que ces points, les espaces indépendants que sont les pavillons, ont été reliés en des lignes, les ailes, par la nouvelle construction (reprise des fondations). Les pavillons latéraux sont reliés ensemble en deux ailes, aile droite et aile gauche, encadrant la nouvelle cour. L’idée initiale les reliait au pavillon central par deux salons ovales qu’on choisit, en cours de chantier, de supprimer, pour relier les deux ailes, à angle droit cette fois, par un dit peristile. Puis dans le prolongement de ce portique, en retour de l’aile gauche, l’aile sud (s’étendant vers le Grand Canal) et, en retour de l’aile droite, l’aile nord. Jusque là, la symétrie est respectée. Un autre retour, longeant le parterre haut au nord et suivant l’extrémité de l’ancienne terrasse sur l’emplacement d’un ancien berceau en treillage, est constitué d’une galerie fermée. Elle induit à la construction son identité dissymétrique en filant vers un autre point, le salon des Jardins qui a remplacé le pavillon des Parfums. Et enfin, un ultime retour, depuis ce salon, s’étend vers le nord et implante, dissimulé entre les arbres, Trianon-sous-Bois.

En résumé : « Pur hasard si le plan du Trianon de marbre a quelque chose du scorpion : un corps en U, des dépendances formant la tête, une longue galerie formant la queue avec un retour en crochet. Ces dispositions sont dues aux remplois des fondations du Trianon de porcelaine dont les morceaux épars ont été rassemblés. » (Pérouse de Montclos, 1989, p. 295).




Orientations bibliographiques:

-Pérouse de Montclos (Jean-Marie), Histoire de l’architecture française : de la Renaissance à la Révolution, Paris, 1989.
-Solnon (Jean-François), Histoire de Versailles, Paris, 2003.


Par FLOC'H Grégory - Publié dans : Trianon
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